Le PSG champion de France (1): 1986, l’apogée du PSG de Borelli

 

Mettant fin à une attente de dix-neuf ans, le PSG a remporté cette année son troisième titre de champion de France. L’occasion pour Sport Legends de revenir sur les deux premiers sacres de l’histoire du club.

En 1978, l’affaire de la double billetterie force Daniel Hechter à laisser la présidence du PSG à Francis Borelli. Charmeur et excellent communiquant[1], ce grand affectif est l’homme des premiers titres du club (Coupes de France 1982 et 1983). Médiocre treizième du championnat, éliminé prématurément au deuxième tour de la Coupe de l’UEFA par les modestes hongrois de Videoton, le PSG achève une saison 1984/1985 ratée par une finale de Coupe de France perdue. Il faut reconstruire.

Un article de presse qui donne des idées à Francis Borelli

Après un match à Lens, Borelli semble avoir perdu la délégation parisienne, Gérard Houillier, alors entraineur du RCL, lui propose de le ramener en voiture à son hôtel. Un journaliste aperçoit la scène et écrit dans France Football: « Borelli s’intéresse à Houiller ». Gêné, Borelli appelle Houiller pour s’excuser de cette « publicité » mais, superstitieux, Borelli voit un signe dans l’article de France Football et glisse à Houiller: « ce journaliste m’a quand même donné une idée« [2]. Dès la fin de saison, Borelli prend officiellement contact avec Houiller pour lui confier le chantier de la reconstruction du PSG. Houiller, un ancien joueur amateur qui fut professeur d’anglais avant de devenir entraineur professionnel, un profil atypique.

Avec les départs de Dominique Baratelli, Dominique Bathenay ou encore Gérard Janvion, le PSG doit se renforcer. Le gardien international Joël Bats arrive d’Auxerre, le PSG recrute Bibart et Poulain à Nantes et Jacques à Nancy. Les attaquants Sène (Laval) et Da Fonseca (Tours) complètent l’effectif. Enfin, le PSG recrute le milieu hollandais de talent Vermeulen (Maastricht).

PSG leader, une grande première

Houiller dégage très vite une équipe type. Son PSG joue en 4-2-3-1 et pratique un football spectaculaire. Devant Joël Bats, la défense Baconnier – Jeannol – Pilorget – Bibart veille, Fernandez et Poullain sont à la récupération. La ligne de trois créateurs est composée de Vermeulen, Susic et Jacques, Rocheteau occupant la pointe de l’attaque.

Paris réussit son entame : trois matchs, trois victoires et dix buts marqués. Mieux, la victoire contre Toulouse (3-1) permet au PSG d’occuper seul la place de leader du championnat, une première dans la jeune histoire du club. Une tête de Jean Marc Pilorget permet au PSG d’obtenir un succès de prestige au Parc des Princes face à Bordeaux, double tenant du titre. Ce PSG séduit et fait preuve de caractère: menés 2-0 à Lens, les Rouge et Bleu renversent la tendance et s’imposent 2-3 grâce à des buts de Rocheteau, Jeannol et Susic.

L’équipe du PSG 1985/1986, celle qui a offert au club de la capitale le premier titre de champion de France de son histoire.

Invincible, la capitale remporte son premier titre depuis 50 ans 

Paris domine la première moitié du championnat. Luis Fernandez, motivé par la perspective du Mondial mexicain, réalise une grande saison; devant le génie de Susic et l’efficacité de Rocheteau régalent. Le 29 novembre, un nul sur le terrain des Girondins de Bordeaux (0-0) permet au PSG de battre le record d’invincibilité en championnat détenu jusque-là par Saint-Etienne. Les hommes de Gérard Houiller vont enchainer 26 rencontres consécutives sans connaitre la défaite, jusqu’à un match à Lille. Alors que le score est de 1-1, une panne d’électricité force à remettre la rencontre. Le 22 janvier, les Parisiens s’inclinent dans le Nord 2-0 et perdent leur invincibilité.

La deuxième moitié de saison parisienne est moins sereine. Une défaite 2-0 à Nantes relance les protégés de Coco Suaudeau à six points du PSG, avec un match en retard à disputer. Paris souffre jusqu’au bout (quatrième défaite de la saison lors de la trente-quatrième journée à Strasbourg) mais tient bon. Le 11 avril, Paris bat Monaco 1-0 au Parc des Princes grâce à un but de Sène, avec quatre points d’avance et une différence de but favorable, les Parisiens peuvent commencer à fêter leur titre. Après 16 ans d’existence, le Paris Saint Germain offre à la capitale son premier titre de champion depuis 50 ans et le sacre du Racing en 1936!

Fernandez termine dans les buts

Une semaine plus tard, les champions de France s’inclinent à Metz (3-1), la fin de match est folklorique : Bats blessé doit sortir et laisse sa place dans les buts à … Luis Fernandez[3]. Une ultime victoire 3-1 face à Bastia scelle définitivement le sacre du PSG. Le gardien Joel Bats et le taulier de la défense Jean Marc Pilorget (qui détient aujourd’hui  le record du nombre de matchs joués sous les couleurs du PSG) ont participé aux trente-huit rencontres de la saison, l’emblématique capitaine de cette équipe, Luis Fernandez et son maitre à jouer, Safet Susic, n’en ont manqué qu’un. Ils sont, avec le précieux buteur Dominique Rocheteau (19 buts), les hommes de base de ce titre. Paris doit également beaucoup à son jeune entraineur qui remporte là son premier titre. Pour Francis Borelli, c’est là l’apogée de sa présidence.

A l’intersaison, Luis Fernandez quitte le club. Pour le président Borelli, qui entretenait une relation quasi filiale avec son capitaine, c’est une déchirure. La saison suivante, Paris ne confirme pas. Au contraire, les difficultés sportives (septième en 1987, quinzième en 1988) et économiques forcent Francis Borelli à se séparer de son club de cœur, le grand amour de sa vie[4]. En 1991, Francis Borelli vend le PSG à Canal+, la même année, Safet Susic quitte le club, une page dorée de l’histoire du Paris Saint Germain se tourne.

Tom Kapetas

 


[1] Le dictionnaire du Paris Saint Germain, Michel Kollar, Hugo Sport (2009)

[2] Anecdote cité dans La folle histoire du Paris Saint Germain, Damien Degorre et Jérome Touboul, Prolongations (2009)

[4] « C’est mon amour, c’est ma passion. Tout ce qui vient du Paris Saint-Germain m’enchante. J’ai presque envie de vous dire que je suis souvent triste. J’ai connu des moments merveilleux, extraordinaires, mais c’est vrai que là je me sens un peu mal à l’aise parce que je sais que plus jamais je pourrai travailler, m’amuser, vivre avec le PSG » (Francis Borelli, en 1999).

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