Le PSG champion de France (2): 1994, la montée en puissance du PSG de Canal+

Ginola

Mettant fin à une attente de dix-neuf ans, le PSG a remporté cette année son troisième titre de champion de France. L’occasion pour Sport Legends de revenir sur les deux premiers sacres de l’histoire du club.

Si le premier titre du Paris Saint Germain en 1986 arrive au lendemain d’une saison ratée, le second titre du club de la capitale est, au contraire, le fruit d’une dynamique positive.

Propriété de Canal+ depuis 1991, le PSG se renforce progressivement sur le marché des transferts.  Dès la première année Ricardo, Le Guen, Valdo et Ginola rejoignent le club. Ils sont suivis par Lama, Roche, Guérin et Weah la saison suivante. Très vite, le PSG dirigé par Michel Denisot et coaché par Artur Jorge devient une équipe qui compte sur la scène nationale (Coupe de France 1993) et européenne (qualification historique face au Real Madrid en Coupe de l’UEFA). Troisième en 1992, deuxième en 1993, le club aborde la saison 1993/1994 avec l’objectif du titre.

Un nouveau brésilien: Raï rejoint Ricardo et Valdo

A l’été 1993, le PSG se renforce encore en enrôlant un brillant international brésilien de 28 ans, demi-frère de Socrates, Raï. Le joueur arrive à Paris auréolé de sa victoire en Coupe Intercontinentale : son club, Sao Polo bat le FC Barcelone 2-1, Raï inscrit les deux buts. Très (trop?) attendu, Raï vécut une première saison compliquée en France, ayant des difficultés à s’adapter. En fin de saison, un départ est envisagé. Raï décide de rester, choix gagnant, il deviendra par la suite l’emblématique capitaine du PSG, élu meilleur joueur du siècle du club par les supporters1.

Après deux défaites dans le premier mois de compétition (à Bordeaux et à Marseille), le PSG gagne en solidité et enchaine les matchs sans défaite. Malgré les bons résultats, tout n’est pas rose pour Paris. Fin septembre, Antoine Kombouaré, le héros du match contre le Real la saison précédente, se blesse sérieusement et est indisponible plusieurs mois2.Le 17 novembre 1993, la Bulgarie de Stoitchkov et Kostadinov bat l’équipe de France au Parc des Princes (1-2) et prive la génération Cantona – Papin de Coupe du Monde aux Etats Unis.

Alors qu’un nul qualifiait les Bleus et que le score était encore de 1-1 à dix secondes de la fin, un centre trop long de David Ginola fut à l’origine du contre victorieux bulgare. David Ginola devient alors le héros malheureux de cette rencontre. Lâché par le sélectionneur Gérard Houiller3, sifflé par une partie du public en France, David Ginola peut compter sur le soutien de son club et de ses supporters. Il réalise une grande saison et termine meilleur buteur du club (13 buts)4.

Paris gagne mais ne convainc pas

En septembre Paris atomise Auxerre (4-0); en octobre, Paris bat Nantes (1-0); le PSG bat ses principaux concurrents pour le titre5.. La série d’invincibilité se poursuit mais Paris ne convainc toujours pas.

En cause ? Un PSG trop défensif (solides, les Parisiens n’encaissent que 22 buts en 38 matchs) et un style de jeu pas assez spectaculaire (le PSG remporte 15 de ses 24 victoires avec un seul but d’écart dont huit 1-0). Les choix d’Artur Jorge sont pointés du doigt par une partie de la presse. Charles Bietry, directeur des sports de Canal+ et rival de Michel Denisot, déclare au Parisien: « il manque un sourire au PSG« , une formule qui fera date. Après un bon parcours en Coupe des Coupes (en quart de finale, le PSG a de nouveau éliminé le Real Madrid), Paris échoue une nouvelle fois en demi-finale, cette fois face à Arsenal. La décision d’Artur Jorge de titulariser Raï, qui vit pourtant une saison difficile, à la place de George Weah au match retour fait couler beaucoup d’encre. Paris est éliminé et son entraineur sur la sellette. Le titre de champion ne sauvera pas Artur Jorge, il quitte Paris sur un titre et pas mal d’incompréhensions6..

Nouveau record d’invincibilité et nouveau titre du PSG

Le 25 mars 1994, le PSG bat Metz (1-0, but de Fournier), il s’agit du vingt-sixième match sans défaite du PSG qui égale le record qu’il détient depuis 1986. Une semaine plus tard, Paris bat Cannes (2-1, buts de Weah et Guérin) et bat le record. La série s’arrête à 27 matchs un soir de lourde défaite à La Beaujoire face à Nantes (3-0).

Le 30 avril 1994, le PSG reçoit Toulouse pour le compte de la trente-sixième journée du championnat. A la soixante-douzième minute, un corner de Valdo est repris victorieusement de la tête par Ricardo. Ce but offre la victoire au PSG (1-0, score habituel) et permet au club de la capitale de remporter son second titre de champion de France. Un titre qui récompense la montée en puissance du PSG de Canal+.

Sur la pelouse du Parc des Princes puis sur les Champs-Elysées, les supporters parisiens fêtent leurs héros. Ils ne savent pas encore qu’une attente longue de 19 ans vient de débuter. En effet, les deux décennies suivantes verront le PSG alterner le bon et le moins bon. Des exploits européens et des victoires en Coupes (Coupes des Coupes 1996, cinq nouvelles Coupes de France, trois Coupes de la Ligue) d’un côté; une instabilité chronique (trois propriétaires, dix présidents, onze entraineurs), des résultats en dents de scie (en 2008, Paris n’assure son maintien qu’à la dernière journée) et des violences entre « supporters » aux abords du Parc, de l’autre. Passé souvent près (deuxième en 1996, 1997, 2000, 2004 et 2012), le PSG dut finalement attendre 2013 pour remporter un nouveau titre.

Tom Kapetas

[1] Dictionnaire officiel du Paris Saint Germain, Michel Kollar, Hugo Sport (2009)

[2] http://psg70.free.fr/saison9394.htm

[3] Après la rencontre, Houiller déclare : « David a commis un crime contre l’équipe« .

[4]Nommé Joueur de l’année 1993 par France Football, il est élu Meilleur joueur de la saison 1993/1994 par ses pairs aux Trophées UNFP

[5] Initialement classé second, l’OM sera finalement rétrogradé en deuxième division suite à l’affaire de corruption VA-OM

[6] Carlo Ancelotti pourrait devenir le cinquième entraineur du PSG à quitter le club après un titre. Ce fut le cas de George Peyroche après la Coupe de France 1983, d’Artur Jorge après le championnat 1994, de Luis Fernandez après la Coupe des Coupes 1996 et du duo Ricardo / Bats après la Coupe de France 1998.

1 commentaire sur ce postProposez le vôtre
  1. Ça fait déjà un bon moment cette époque mais ça fait plaisir de s’en rappeler, l’époque c+ et les recrus brésiliennes ! :)

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