Raul, l’élégance du buteur

L'ancien joueur du Real Madrid Raul

Raul Gonzalez Blanco quitte Schalke 04 et rejoint Al Sadd, au Qatar. L’homme aux trois Ligue des Champions fait ses adieux au football européen et au haut niveau. L’occasion de revenir sur le parcours d’un attaquant de génie. 

Qui aurait pu croire le 29 octobre 1994, au soir d’une défaite contre le Real Saragosse, que cette date entrerait dans la grande histoire du Real Madrid. Pourtant, ce soir-là un jeune attaquant d’à peine 16 ans fait ses débuts avec l’équipe première du Real. Un jeune joueur, Raul Gonzalez Blanco, appelé à devenir le meilleur buteur de toute l’histoire du club merengue.

La progression de Raul et son intégration à l’équipe première de son club formateur, le Real Madrid, se fait à une vitesse phénoménale. Sept petits jours après sa première titularisation, le 5 novembre 1994, Raul inscrit son premier but. Il termine la saison 1994/95 en ayant disputé 30 matchs et inscrit 10 buts. Le Real Madrid est sacré champion d’Espagne et Raul est nommé révélation de l’année. Le début d’une longue et belle histoire.

Raul parvient à tuer la concurrence au Real

En seize saisons au Real Madrid, Raul a été confronté à la féroce concurrence de quelques-uns des meilleurs joueurs offensifs du monde. Zamorano, Mijatovic, Redondo, Morientes, Suker, Anelka, Figo, Zidane, Ronaldo, Owen, Beckham, Robinho, Van Nistelrooy, Higuain, Kaka, C.Ronaldo et Benzema. Face à une telle adversité, plus d’une fois la place de Raul fut remise en question mais Raul s’est toujours imposé et, formé au club, fut le symbole d’une équipe dont il porta longtemps le brassard de capitaine.

En même temps que le Real Madrid régnait sur l’Espagne, Raul se gavait de buts et de récompenses individuelles. Six fois champion d’Espagne (1995, 1997, 2001, 2003, 2007 et 2008), il est sacré Pichichi (meilleur buteur) en 1999 (25 buts) et 2001 (24 buts). Il remporte le trophée Alfredo Di Stefano de meilleur joueur de la Liga à deux reprises (1996/97 et 2007/2008) et le prix Don Balon de meilleur joueur espagnol de l’année à cinq reprises (1997, 1999, 2000, 2001, 2002). Egalement vainqueur de la Supercoupe d’Espagne en 1997, 2001, 2003 et 2008, seul la Coupe du Roi manque à son palmarès.

Sur le toit du monde avec son club, maudit avec sa sélection

Plus encore que sur la scène nationale, Raul a exprimé pleinement son talent sur le théâtre continental. Vainqueur de la Juventus (1-0), le Real Madrid remporte la Ligue des Champions 1997/98, mettant fin à 32 ans d’insuccès! La même année, le Real Madrid remporte la Coupe Intercontinentale. Deux ans plus tard, mené par un duo Raul – Morientes au sommet de sa forme, le Real Madrid atomise Valence (3-0) et remporte à nouveau la Ligue des Champions.

Le rôle de Raul, meilleur buteur de la compétition (10 buts) fut prépondérant. A nouveau meilleur buteur (7 buts) en 2000/01, Raul ne peut empêcher l’élimination du Real Madrid par le Bayern Munich en demi-finale. Ce n’est que partie remise. La saison suivante, le Real Madrid remporte sa neuvième et, à ce jour, dernière Ligue des Champions. Une finale remporté face au Bayer Leverkusen (2-1) grâce à la géniale volée de Zizou. Cette année 2002 est celle du Real Madrid et de ses galactiques. Roberto Carlos, Fernando Hierro, Claude Makelele, Luis Figo, Zinedine Zidane, Raul et Morientes composent l’épine dorsale d’une équipe exceptionnelle, résolument tournée vers l’attaque. A son titre européen, le Real Madrid ajoute la Supercoupe d’Europe et la Coupe Intercontinentale. Raul et ses coéquipiers sont sur le toit du monde.

Si Raul va de succès en succès avec son club, il n’en va pas de même en sélection nationale. Depuis son titre à l’Euro 1964, l’Espagne a beau présenter des équipes attrayantes, posséder d’excellents joueurs et même – parfois – réaliser de bons parcours, elle est incapable d’aller au bout d’une compétition majeure. Raul va vivre pleinement cette malédiction. Trop jeune, il ne fait pas partie de la sélection espagnole médaillée d’or aux Jeux Olympiques de Barcelone. Il participe aux Jeux Olympique 1996, à trois Coupe du Monde (1998, 2002 et 2006)  et à deux Championnat d’Europe (2000 et 2004). Mais, avec Raul, la sélection espagnole n’a jamais dépassé les ¼ de finale. Pourtant élu meilleur joueur de Liga en 2007/08, il n’est pas sélectionné pour l’Euro. En spectateur, Raul assiste au triomphe de l’Espagne à l’Euro 2008 et à la Coupe du Monde 2010. Avec la roja, il fait figure de maudit.

Meilleur buteur de l’histoire de la Coupe d’Europe

En échec au Real Madrid, il quitte le club à l’intersaison 2010. Seize saisons à Madrid lui ont permis de disputer 741 rencontres et de devenir, ainsi, le joueur le plus capé de l’histoire du club. Ses 323 buts en font le meilleur buteur de la Maison Blanche devant un certain Alfredo Di Stefano.

Raul prend la direction de Schalke 04. Avec le club de la Ruhr, il remporte la Coupe d’Allemagne 2011 puis la Supercoupe d’Allemagne la même année. A nouveau, Raul brille particulièrement à l’échelon continental. Ses buts permettent à Schalke 04 d’atteindre le dernier carré de la Ligue des Champions pour la première fois de son histoire. Avec 71 buts, Raul remporte son duel avec Pippo Inzaghi et devient le meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des Champions. Avec 77 buts, il est également le meilleur buteur de l’ensemble des compétitions européennes.

Après deux saisons en Allemagne et 40 buts inscrits, Raul annonce son départ du club. A bientôt 35 ans, il quitte le football européen et, par la même occasion, le haut niveau. Il s’engage à Al Sadd, au Qatar. Pour l’ultime tour de piste d’une véritable légende.

Tom Kapetas

Soumettre votre commentaire

Veuillez entrer votre nom

Votre nom est nécessaire

Veuillez entrer une adresse email valide

Une adresse email est nécessaire

Veuillez entrer votre message

Sport Legends © 2013 Tous droits réservés

Powered by WordPress