Zinedine Zidane, le virtuose

Coupe du Monde, Euro, Ligue des Champions, Liga, Scudetto, Ballon d’Or: Zinédine Zidane a tout gagné. Alors qu’il s’apprête à fêter ses 40 ans, retour que le parcours exceptionnel de l’un des plus grands footballeurs français de tous les temps.

Zinedine Zidane grandit dans les quartiers Nord de Marseille, à la Castellane. Très tôt il se fait remarquer dans ses clubs de quartiers et un émissaire de l’AS Cannes le fait venir sur la Croisette en 1987. Un an plus tard il fait ses débuts en pro, alors qu’il a à peine 16 ans. Deux ans plus tard il débute en D1, contre le FC Nantes le 20 mai 1989.

A nouveau deux ans plus tard, il inscrira son premier but, toujours contre le FC Nantes, ce qui lui donne droit une à une Peugeot 205 rouge. Autre époque… Très vite avec Cannes, c’est l’attraction : technique hors du commun, vision du jeu exceptionnelle, sens de l’anticipation incroyable, un seul défaut, il est un peu lent. Bernard Tapie, qui à l’époque recrute à tout va, refuse le jeune marseillais sous ce prétexte. Après une nouvelle saison réussie avec Cannes, ponctuée d’un honnête parcours en Coupe d’Europe et de 5 buts, Zidane est recruté par Rolland Courbis, promu entraineur de Bordeaux.

Il emmène Bordeaux en finale de la Coupe d’Europe

Il débarque en Gironde en compagnie de Jean-François Daniel et Eric Guérit. Là Zidane va rencontrer deux jeunes issus du centre de formation qui deviendront ses grands potes : Bixente Lizarazu et surtout Christophe Dugarry. A eux trois, il forme le triangle de Bordeaux, qui met au supplice les défenses par leur capacité à ses trouver les yeux fermés. Dès sa première saison Zidane étonne, ses partenaires et ses adversaires. Il plante 10 buts et est un des principaux artisans du renouveau bordelais, après la fin des années Bez. La suite sera du même tonneau et assez logiquement Zizou intègre les bleus en 1994.

Après le naufrage bulgare du Parc des Princes, l’équipe de France, reprise par Aimé Jacquet est en pleine reconstruction. Lors de son premier match, contre la République Tchèque, Zidane entre à la 63ème et la France est menée 2-0. Une demi-heure et un doublé du jeune joueur plus tard, score final 2-2. La légende est en marche. Devenu incontournable, son association avec Youri Djorkaeff, souvent critiquée, portera ses fruits. L’année 96 marque un tournant dans la carrière du joueur. Bordeaux sort de l’Intertoto et accède à la finale de la Coupe UEFA après avoir notamment éliminé le Milan AC de Savicevic, lors d’un match d’anthologie à Lescure (3-0). Déjà en Huitième il avait qualifié son équipe sur un but depuis le milieu du terrain face au Bétis Séville. Par la suite, Bordeaux perdra en finale contre le Bayern. Lors de l’Euro 96, diminué par un accident de voiture survenu peu de temps avant le début du tournoi, il passe un peu au travers, mais les circonstances sont atténuantes . L’heure du grand départ a sonné, les portes de la gloire lui sont ouvertes.

Sur les traces de Platini à la Juventus

Comme un certain Michel Platini, il opte pour la Juventus, où il retrouve son capitaine de sélection, Didier Deschamps. Pour sa première année à la Juve il remporte le titre de champion d’Italie et dispute la finale de la Ligue des Champions, finale perdue contre le Borussia Dortmund de Sammer et Chapuisat. Rebelote l’année suivante avec un nouveau Scudetto et une finale de Ligue des champions, cette fois contre le Real Madrid, pour une nouvellee défaite. C’est surtout lors de la Coupe du Monde que Zidane va se distinguerr. Il commence son tournoi par une expulsion aussi bête qu’inutile contre l’Arabie Saoudite, pour s’être essuyé les pieds sur un joueur adverse. Il revient de suspension pour le ¼ de finale face à l’Italie. Il participe à la ½ finale face à la Croatie mais attend la finale pour briller. Face au Brésil, il offre le titre à la France à lui tout seul ou presque. Deux coups de têtes magistraux, sur deux corners permettent à la France de remporter la première Coupe du Monde de son histoire et à Zidane de remporter le Ballon d’Or 98 et d’entrer dans la légende.

Il fit encore trois saisons à la Juve mais ne remporta rien de notable. C’est avec les Bleus qu’il écrit ses plus belles pages. Lors de l’Euro 2000, il est le maitre à jouer d’une équipe de France au sommet. Il inscrit le pénalty libérateur en demi-finale contre le Portugal, à la suite d’une main peu évidente d’Abel Javier à la 118ème. Face à l’Italie et au bout du suspens, Zidane et les Bleus deviennent champions d’Europe deux ans après leur titre mondial. Une première.

Au Real Madrid, il devient Galactique

En 2001, le champion d’Europe en titre est recruté pour plus de 70M€ par le Real Madrid de Florentino Perez qui poursuit sa politique de stars: la fameuse politique de Zidanes y Pavones. Les Galactiques remportent la Ligue des champions 2002, celle qui fuyait Zidane depuis tant d’années. En finale, il donne la victoire à son équipe d’une somptueuse volée du gauche.

Arrivé sur les rotules à la Coupe du Monde 2002, il se blesse à la cuisse juste avant le tournoi ce qui plonge la France dans le désarroi et précipite sans doute un peu plus le fiasco coréen. Champion d’Espagne avec le Real en 2003. A l’Euro 2004, en bout de course, il a un sursaut d’orgueil lors du match inaugural face à l’Angleterre. Longtemps mené 1-0, Fabien Barthez arrête un pénalty de Beckham. A deux minutes de la fin, Zidane égalise sur coup franc avant de donner l’avantage à son équipe sur un pénalty obtenu par Thierry Henry.

Malgré ce coup d’éclat, l’Euro au Portugal marquera la fin de l’histoire pour pas mal d’anciens champions du monde, qui sont passés au travers : Marcel Desailly, Bixente Lizarazu, Claude Makélélé, Lilian Thuram arrêtent avec les Bleus à l’issue du tournoi et Zidane les accompagne. Il préfère se consacrer au Real, pourtant encore plus en fin de cycle. Un an plus tard, devant les difficultés éprouvées par la France pour se qualifier, il revient sur sa décision en compagnie de Lilian Thuram et Claude Makélélé.

Non seulement il va redonner confiance à tout un groupe mais il lui permit de se transcender lors de la Coupe du Monde. Après une premier tour poussif, Zidane sonne la révolte contre l’Espagne en 8ème, puis offre le but de la victoire à Thierry Henry contre le Brésil. En demi-finale, il inscrit l’unique but de la rencontre sur pénalty. Pour le dernier match de sa carrière, c’est la Coupe du Monde qui est en jeu, contre l’Italie. Malouda obtient un pénalty que Zidane transforme d’une Panenka.

L’Italie église quelques minutes plus tard. La seconde période sera à sens unique mais la France ne parviendra pas à prendre l’avantage. En prolongation, Zidane à l’occasion du match avec une tête surpuissante juste sous la barre mais Buffon s’interpose. Quelques instants plus tard, provoqué par Marco Materazzi, Zidane pète les plombs et lui assène un coup de boule en plein sternum. Zidane est expulsé: fin de carrière à la fois exceptionnelle et vile. Dieu s’est fait homme.

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